samedi 7 juin 2008

Dirty old town

On sait tous plus ou moins que Glasgow n'est pas exactement une ville propre. Mais alors le week-end, c'est carrément une catastrophe! Entre les pelouses de Kelvingrove Park jonchées de sacs plastiques et de cannettes de bière en fin d'après-midi et les rames de métro parsemées d'ordures, c'est pas jojo. Je ne parle pas de l'état de la ville la nuit, et pire encore en centre-ville...

Bon, passons sur l'indignation que nombre de gens, moi y compris, ressentent face à cet état de fait; la question, c'est comment ça se fait? On sait déjà que les British sont pas les champions du respect de l'environnement. En Irlande c'est pas terrible non plus d'ailleurs. Selon les gens avec qui j'ai pu discuter de ça, il y aurait un problème d'éducation des mentalités. Cela dit, je pense qu'il y a un autre facteur non négligeable: l'alcool. Démonstration: quand vous avez un ptit coup dans le nez et que vous faites tomber un bout de plastique, vous allez pas forcément avoir le courage de courir après, vous vous dites juste Oh fuck it. Eh ben moi je pense que là c'est la même chose à plus grande échelle: vous avez bu toute l'après-midi devantle match de foot ou dans le parc, vous êtes complètement fait(e) et alors là, l'idée de mettre une bouteille dans une poubelle, ça vous passe à trois milles. Sans compter qu'ici, les gens se disent qu'il y a des gens qui sont payés pour ramasser alors hein pourquoi s'emmerder.


Y a des fois où ça prend des proportions inimaginables, cf ce qui s'est passé à Manchester il y a quelques semaines. D'innombrables fans des Rangers (un des deux principaux clubs glaswégiens de football, l'autre étant le Celtic - les Rangers sont protestants unionistes et connus pour ne pas être particulièrement sympas; les Celtic sont catholiques et traditionnellement associés à l'Irlande) sont descendus à Manchester pour assister la finale de la coupe de l'UEFA, entre les Rangers et le Zenit de St-Pétersbourg (soit dit en passant, ça c'est encore un truc que je comprendrai jamais: qu'on se déplace pour assister à un match de foot quand on a des billets pour aller au stade, why not, mais alors quand c'est juste pour aller au pub dans la ville où se déroule le match, juste pour être plus près de là où ça se passe, ça me dépasse). Et voilà-t-il pas que le plus grand écran de la ville, installé dans un parc, tombe en panne. O rage, o désespoir, les fans imbibés d'alcool jusqu'à la moëlle se mettent en colère et se livrent à une mise à sac de la ville bien dans les règles, avec affrontements avec la police, les supporters du camp opposé, des blessés, au moins un mort... Enfin bref. Et voilà à quoi ressemblait la ville le lendemain. In-cro-yable. C'est à se flinguer.

La gauf(f)re sans la gauf(f)re - quant au f...

Je papotais ce matin au téléphone avec ma copine Marianne, bla bla bla, du coq à l'âne, jusqu'au moment où je lui raconte l'histoire de la gauffre. Au début, ça donnait, "ah ça devait être dégueulasse", et puis là elle me dit, "en même temps, gauffre c'est pas waffle?". Ah merde ouais c'est pas con.. Bon bref ça pour dire que mon précédent article était complètement à côté de la plaque, puisque j'avais bien demandé une gauffrette et pas une gauffre... Cela dit, je l'ai pas supprimé, parce que je tenais à donner un aperçu de cette merveille culinaire à ceux qui ne connaîtraient pas. Franchement, y a pas une photo qui vous fait plus envie que l'autre là?

D'autre part, je commence à me demander si gauffre ne prend pas qu'un seul f. Décidément, je m'en étais pas rendue compte avant, mais les gauf(f)res et moi, c'est pas une histoire simple.

vendredi 6 juin 2008

La gauffre sans le gauffrier

Après une visite approfondie de Kelvingrove Museum cet après-midi (musée très populaire du West End, superbe bâtiment, un peu décevant en ce qui concerne les collections) - et musée où, soit dit en passant, j'ai pas été foutue d'aller avant aujourd'hui depuis le temps que je suis là! - je suis allée faire un petit tour au parc, au milieu des titis enfants et des fougueux skateurs et des chiens qui courent après des baballes et tout et tout. Et là, je me suis dit que j'avais bien mérité une petite gauffre - j'ai une passion pour les gauffres l'après-midi au parc; pas très original mais totalement incontrolable. Je me dirige vers la petite camionnette bigarrée et demande "a wafer", et là, surprise! voici ce qu'on me tend... Petite déception, faut bien le dire!

mardi 20 mai 2008

T'as-tu un new toaster?

Ce matin, j'ai cramé mon grille-pain.

mercredi 7 mai 2008

Si si je vous jure

Le week-end dernier, petite vadrouille du côté de Mallaig, petit port au bout de la péninsule de Morar, et connu surtout pour être le point de départ du ferry vers Skye. Parce qu'à part le ferry, à Mallaig, y a pas grand-chose grand-chose. Si, une auberge de jeunesse (deux chambres) qui a accueilli notre bande de joyeux lurons. Après quelques six heures de route entrecoupées de pauses pipi, pauses sandwichs, pauses clopes, pauses photos etc, arrivée à Mallaig, sous un ciel... écossais (ie on sait pas s'il va faire super beau ou super moche dans les cinq minutes à venir). Soirée du samedi soir pépère, dîner à l'auberge préparé avec amour par Seb et je ne sais pas combien d'heures au pub, d'abord complètement vide, puis investi à partir de 10h du soir par des gens de tous âges, de 12 à 70 ans. Initiation au billard pour bibi (pas glorieux malgré tous les conseils précieux que j'ai reçus), bières et cigarettes. Retour à l'auberge passablement éméchés vers les 1h du mat.


Réveil vers 9h le lendemain matin, douche petit déj et ferme intention d'aller randonner malgré le temps peu avenant. Mais rien à faire, il a plu des cordes toute la journée, et les quelques tentatives de mini-promenades nous ont mouillés jusqu'aux os, à tel point que les hommes se sont foutus torse-poil (ah la testostérone... bon moi je me plains pas, j'ai profité du spectacle). Je vous mets la photo où on voit pas trop les têtes, ça évitera les embrouilles. Egalement excursion à la recherche d'un chateau qui en fait était 5 km plus loin. Dans l'ensemble, paysages magnifiques mais ça donne rien en photo, donc pas beaucoup d'illustrations, à part une jolie plage et un mouton qui déconne sévère.
Après une douche plus que bienvenue, repas fish&chips (c'était la seule option: il était 9h un dimanche soir, RIEN à manger à part ça, tout était fermé) puis rapide pinte au pub, qui a fermé ses portes à... 23h, au grand désarroi de certains. Du coup, bah... dodo.
Et lundi, départ pour Fort William vers les 10h sous un soleil jusqu'ici jamais vu en Ecosse, température délicieuse, avec dans l'idée qu'on allait se faire une petite montagne aux alentours de Glencoe. On s'arrête dans le coin du Ben Nevis (point culminant de la Grande-Bretagne, 1300 m - ou plus impressionnant, 4400 pieds), et on s'engage dans un petit sentier. Ca monte dur, je souffre, il fait chaud. Je sens que je vais pas tenir longtemps. Je m'arrête de temps en temps, enfin en gros toutes les 5 minutes. On arrive ensuite sur un plateau au creux duquel repose un lac aux eaux d'un bleu profond inimaginable. Ca me redonne un peu de force. La vue est superbe. On s'installe pour faire une pause bouffe (et cigarette - c'est malin...), Seb, le chef rando, sort la carte, nous montre le sommet qu'est devant nous et qui n'a pas l'air bien loin comme ça, et nous dit: "ça, c'est le Ben Nevis. On y va?" Maaaaiiiiiis oui bien sûr; en gros la seule rando que j'ai faite de ma vie, c'est Ben Aan, 300m, et déjà c'était pas facile facile. Eh bah figurez-vous que si, chers amis, je l'ai fait. On est tous allés au sommet du Ben Nevis, et moi avec. Bon je vais pas vous cacher que ça n'a pas été sans peine, surtout au moment où il a fallu traverser la neige, pendant 45 bonnes minutes... Vous imaginez pas la trouille que j'ai eue. D'ailleurs, évidemment, il a fallu que je tappe une grosse crise de larmes en plein milieu, ça faisait vraiment trop d'émotions d'un coup. L'arrivée au sommet était tout simplement incroyable. J'en profite pour remercier tout le monde de leur patience (merci Thierry..). La suite en images.



























Quant à la descente, elle s'est avérée bien moins difficile que je ne le redoutais: j'ai descendu toute la neige sur les fesses, c'était assez marrant; et la caillasse, ça s'est passé correctement. A l'arrivée, une grosse assiette de frites et une Tennent's n'ont pas été de trop pour nous remettre de cette journée de fous. En tout, 7 heures de marche, des coups de soleil partout, les vraies têtes d'écrevisses et des courbatures que je sens encore deux jours après. C'était génial. (On ze picture, de gauche à droite et du premier plan au fond, Thierry, Phil, Seb, Jude et ouam - C/Geoffrey).

lundi 28 avril 2008

Here comes the sun

Voilà bien longtemps que je n'ai pas donné de nouvelles...

Glasgow va bien, elle profite du moindre rayon de soleil; les cieux nous ont gratifiés d'un week-end resplendissant - à l'aune des standards écossais j'entends: beau grand soleil et température de... 15 degrés!! Autant dire la canicule. Et les Glaswégiens, comme tous les habitants des contrées nordiques, ne peuvent pas se permettre d'en louper une miette. Du coup, Ashton Lane était bondée tout le week-end, et les gens se prélassaient sur les pelouses de Kelvingrove Park; des petites camionnettes vendant des glaces ont fleuri dans les rues et c'était à qui porterait le débardeur le plus aéré, pour le dire poliment.

Bon cela dit, aujourd'hui il pleut des cordes et les mouettes sont particulièrement agitées. Et j'ai chopé une énorme crève.

Trêve de considérations météorologiques. Ma petite vie continue à peu près sereinement, soirées (un peu trop) arrosées le week-end et routine plan-plan la semaine, squash, piscine, bibliothèque... On entame aujourd'hui la dernière semaine de cours et le mois de mai sera consacré aux surveillances d'exams et corrections de copies.

Un petit miracle s'est produit la semaine dernière. Je disais au revoir à une classe de 1ère année que je ne reverrai plus, et à vrai dire ça ne m'attristait pas plus que ça. C'était un de ces groupes qui refusent obstinément d'ouvrir la bouche, et j'ai ramé toute l'année pour les faire parler. Bref, je leur souhaite bon courage pour les examens, une élève vient me voir pour me faire part de ses angoisses et de ses remords parce qu'elle n'a vraiment pas travaillé assez son français; j'essaie comme je peux de la rassurer, mais j'avoue que je ne sais pas trop quoi lui dire. Puis en vient une autre, qui d'un sourire timide me dit (en français!) qu'elle avait beaucoup aimé mes cours, que je l'avais bien aidée et qu'elle avait maintenant beaucoup plus confiance en elle. Je crois que ça faisait longtemps que je n'avait pas ressenti quelque chose avec autant de force: quel bonheur d'entendre ça, et c'était en plus tellement inattendu! Finalement, un an d'ennui profond - et je vous assure, qu'est-ce que j'ai pu m'ennuyer avec eux! - se trouve justifié par un petit compliment. Mais quel bonheur je vous assure, j'ai passé le reste de l'après-midi un sourire béat collé au visage, un peu comme si Ethan Hawke m'avait déclaré sa flamme (ce qui de toute façon ne saurait tarder).

D'autre part, je découvre en ce moment l'univers de la BD, enfin plus exactement je m'intéresse au genre, interactions entre image et texte, mise en page, rapport entre case et planches etc. Eh bien je vous assure que c'est assez surprenant et extrêmement intéressant. Je viens par exemple de lire un essai de Benoît Peeters (celui-là même qui scénarise la série des Cités obscures) intitulé Case, planche, récit, et qui offre nombre de réflexions particulièrement stimulantes concernant ce genre encore souvent considéré comme de la sous-littérature. Je ne vais pas me lancer dans un résumé du bouquin, c'est tout de même un domaine assez restreint et spécialisé, mais ce type d'ouvrage constitue une preuve indéniable que la BD est un art à part entière, dont les spécificités ne peuvent être simplement ramenées à celles du cinéma et de la peinture. Bref, un jour peut-être que j'en dirai d'avantage si l'envie m'en prend; pour l'instant je me contente de m'approprier le sujet, et je m'amuse bien. Ci-dessous, le Philémon de Fred se fait remonter les bretelles pour ne pas avoir compris le sens du mouvement/ et nous le sens de la lecture (je sais ça sert à rien vous pouvez pas agrandir l'image, mais j'avais quand même envie de la montrer).

lundi 7 avril 2008

Myself and the city

Je ne ressemble pas franchement à Carrie Bradshaw (1). Je suis plus grande, légèrement moins menue, brune, et surtout je ne m'habille pratiquement qu'en noir, en général chez H&M et Zara et je ne porte pas de talons (à mon grand désarroi - mais y a des choses qu'on sait faire et d'autre pas, c'est comme ça). Je fantasme parfois sur des robes Chanel ou des chaussures Manolo Blahnik, mais bon, en règle générale, je ne me les offre pas. Mais... j'ai beaucoup d'imagination. Alors quand je me prends pour Carrie Bradshaw, je suis Carrie Bradshaw. Quand en plus je suis à Manhattan, vous imaginez!

Je n'ai quand même pas fait le Sex and the City Tour (oui oui, ça existe - il y a même deux entreprises rivales qui se disputent le marché. A ce sujet, un petit article du Guardian: http://www.guardian.co.uk/world/2008/apr/04/usa.television). Mais j'ai bu des cocktails avec ma petite soeur dans Greenwich Village, passé le dimanche avec mon ancienne coloc de Galway Ailbhe (prononcez "Alva") à me balader, à déguster un duo de quiches au chèvre au café Mozart dans le Upper West Side en parlant de sexe sous le regard bienveillant du serveur, puis à boire un verre de vin rouge au comptoir d'un resto italien trendy. J'ai traîné dans quelques très belles librairies d'occasion, me suis fait masser à China Town (et elle y est pas allée de main morte, la masseuse... Je savais pas qu'un massage pouvait faire aussi mal), fait la queue pour aller manger un conséquent banana split à Serendipity 3, assisté à un concert de jazz à Harlem dans un vrai club du coin, je vous raconte pas l'ambiance de fous - après un repas de soul food chez Miss Maude's Spoonbread.
A propos des restos new-yorkais, on a rencontré quelques difficultés
concernant le fameux tip. On savait qu'il était plus que conseillé de laisser un pourboire; dans ces cas, moi, en général, j'arrondis au multiple de 5 près. Oui mais voilà, parfois ça ne suffit pas. D'où un des moments les plus désagréables du séjour: un jour en milieu d'après-midi, ma soeur et moi avons mangé dans un resto japonais, à peu près honnête m'enfin, ça cassait pas trois pattes à un canard. Le type nous apporte l'addition, on laisse 2-3 dollars de pourboire et on finit notre discussion avant de s'en aller. Là-dessus, le serveur revient et nous dit: "Was everything ok, ladies? Because the usual tip is 15%..." J'avais JAMAIS vu ça. D'abord franchement c'était pas formidable sa bouffe, mais en plus faudrait calculer 15% de tous les repas qu'on prend!! Moi et les pourcentages, ça fait à peu près 10 (à ce propos d'ailleurs, tout le monde m'avait dit, tu verras, c'est super facile de se repérer dans New-York... oui, sauf qu'autant je retiens facilement les noms de rues, autant les chiffres j'y pige quedalle! Je sais toujours pas si Colombus Circle est à la 42ème, à la 53ème ou à la 76ème...), et quand c'est pas un chiffre rond en plus...! Du coup on a rajouté 2 et on s'est tirées vite fait. C'est la stratégie qu'on a adoptée à partir de ce moment-là d'ailleurs: on mettait toujours les manteaux avant de payer l'addition. Pas très classe, mais ils ont qu'à être plus clairs aussi!! Le dernier jour, on a bouffé dans un vietnamien, et là je crois que je me suis trompée j'ai mis trop: les serveurs nous ont au revoir et merci avec une ferveur peu commune...
Conclusion de ce petit séjour: je me verrais bien habiter à New-York, mais à deux conditions: que j'aie beaucoup d'argent, et que j'habite soit à Greenwich Village, soit à Brooklyn. Tout simplement. Ah non, une autre condition: si les Américains pouvaient ne pas avoir l'accent américain, ça serait mieux...
Photos: 1/ Sex and the city; 2/ Keira, Ben et Ailbhe; 3/ Serendipity 3; 4/ Westsider Books on Broadway avenue; 5/ là où je me suis fait douloureusement massée; 5/ déjeuner au Vynl; 6/ ma future maison à Brooklyn.
(1) Pour ceux qui ne connaissent pas: Carrie Bradshaw, héroïne de la série Sex and the City. 4 new-yorkaises bourrées aux as qui passent leur temps au restaurant, parlent de mecs et font du shopping. Série cultissime pour la plupart des nanas entre 16 et 35 ans; et incomprise -et souvent détestée- du reste du monde, surtout des hommes hétéros.